Choisir entre ARE et ARCE en 2026 : guide complet
Choisir entre ARE et ARCE en 2026 : guide complet pour créateurs d'entreprise
Depuis le 1er avril 2025, le point central est le plafonnement à 60% de vos droits restants, que vous optiez pour ARE ou ARCE.
Introduction : pourquoi ce choix existe et comment il a changé
Vous êtes demandeur d'emploi indemnisé et vous envisagez de créer ou reprendre une entreprise. Vous avez des droits à l'assurance chômage qui pourraient financer vos débuts. France Travail vous propose deux chemins radicalement différents : maintenir votre allocation mensuelle (ARE) tout en lançant votre activité, ou transformer une partie de vos droits en capital immédiat (ARCE).
Ce choix n'est pas neutre. Depuis le 1er avril 2025, les règles ont profondément changé. La nouvelle donne introduit un plafonnement central à 60% de vos droits restants, que vous optiez pour ARE ou ARCE. C'est une modification structurelle majeure qui rend les deux options plus symétriques qu'avant, mais aussi plus exigeantes.
Objectif de ce guide : vous donner une méthode pratique, adossée aux règles 2026, pour décider quelle stratégie sécurise vraiment votre lancement.
Partie 1 : Comprendre l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi)
1.1 Qu'est-ce que l'ARE concrètement
L'ARE est l'indemnité chômage versée par France Travail à un demandeur d'emploi inscrit. C'est un revenu mensuel qui dépend de vos anciens salaires. En tant que créateur d'entreprise, l'ARE joue un rôle précis : elle finance votre vie personnelle (loyer, nourriture, transport, charges fixes), tandis que votre trésorerie d'entreprise se construit sur vos revenus professionnels.
L'ARE n'est pas prévu pour financer l'investissement en matériel ou en stock. C'est un filet de sécurité personnelle, pas un apport d'entreprise.
1.2 Créer une entreprise et garder l'ARE : la règle 60% depuis avril 2025
Avant avril 2025, vous pouviez théoriquement cumuler votre ARE avec les revenus de votre activité jusqu'à épuisement complet de vos droits. Cette époque est révolue.
Depuis le 1er avril 2025, le cumul ARE et revenus non salariés est plafonné à 60% du reliquat de droits restants à la date de création de votre entreprise.
Concrètement : si vous avez 20 000 € de droits ARE au moment du lancement, vous pourrez cumuler ARE et revenus seulement jusqu'à 12 000 € (60%). Passé ce seuil, les versements s'arrêtent.
Le montant mensuel de l'ARE lui-même ne change pas. Ce qui change, c'est la durée d'indemnisation. Vous percevrez 70% du salaire mensuel de référence, mais pendant une période plus courte.
1.3 Qu'arrive-t-il aux 40% restants
C'est le point que beaucoup ne comprennent pas. Les 40% subsistent, mais ils ne sont plus "automatiques".
Deux scénarios existent :
Scénario 1 : demande à l'instance paritaire régionale (IPR). Après avoir atteint les 60%, vous pouvez demander exceptionnellement à l'IPR la poursuite du versement sur les 40% restants. Mais cette demande a des conditions strictes :
- Justifier que votre activité non salariée continue réellement
- Attester de l'absence totale de revenus d'activité, y compris dividendes
- Fournir des justificatifs comptables et fiscaux
La dernière condition est décisive. Si vous vous versez un salaire ou des dividendes, même modeste, vous perdez automatiquement l'accès au 40% restant.
Scénario 2 : reprise après cessation. Si vous stoppez votre activité, vous pouvez redemander l'ARE. Mais depuis avril 2025, cette reprise comporte un différé d'indemnisation dont la durée n'est pas encore précisée dans tous les textes d'application.
1.4 Mensualisation depuis avril 2025
L'ARE est désormais versée sur une base fixe de 30 jours par mois, quel que soit le nombre de jours réels du mois (février, mars, etc.). Conséquence : votre trésorerie personnelle est plus prévisible d'un mois à l'autre.
1.5 Avantage invisible : validation retraite
Souvent ignoré, ce point compte. Tant que vous recevez l'ARE, vous bénéficiez d'une affiliation qui valide des trimestres pour la retraite de base, sous conditions. Cette logique de protection sociale est importante à long terme.
L'ARE finance votre vie personnelle, pas votre investissement d'entreprise. Le plafonnement 60% joue sur la durée, pas sur le montant mensuel.
Partie 2 : Comprendre l'ARCE (aide à la reprise/création d'entreprise)
2.1 Qu'est-ce que l'ARCE
L'ARCE permet de transformer une partie de vos droits ARE en capital versé en deux fois. Vous recevez les fonds directement, non pas mensuellement mais en deux versements massés.
Point majeur : ARE et ARCE ne se cumulent pas. Il faut choisir l'une ou l'autre dès le démarrage.
2.2 Montant exact en 2026
L'ARCE correspond à 60% de vos droits ARE restants, à la date de création, moins une déduction de 3% au titre des retraites complémentaires.
Exemple chiffré : si vous avez 20 000 € de droits ARE, l'ARCE = 60% × 20 000 € = 12 000 €, puis déduction 3% = environ 11 640 €.
Les 40% restants (soit environ 7 360 €) peuvent théoriquement être récupérés après cessation d'activité, mais sous conditions rigoureuses depuis 2025.
2.3 Les deux versements et leurs conditions
Le paiement s'effectue en deux fois :
- Premier versement : à la validation de votre création et de l'accès à l'ACRE.
- Second versement : 6 mois plus tard, à condition que votre activité existe encore et que vous n'exerciez pas un CDI à temps plein simultanément.
Cette dernière condition est entrée en vigueur le 1er avril 2025 et change beaucoup de choses. Si vous trouvez un emploi salarié à temps plein entre les deux versements, vous perdez la deuxième tranche. Cela vise à éviter un cumul considéré comme trop avantageux (ARCE + salaire CDI).
2.4 Le passage obligatoire par l'ACRE en 2026
Pour accéder à l'ARCE, vous devez au préalable bénéficier de l'ACRE. Or l'ACRE a été profondément réformée au 1er janvier 2026.
Changements ACRE 2026 :
- Elle n'est plus quasi-automatique. Vous devez en faire la demande explicite auprès de l'Urssaf après immatriculation.
- Les conditions d'éligibilité sont resserrées : demandeur d'emploi indemnisé, RSA/ASS, jeunes, personnes en zones rurales prioritaires, etc. Les créateurs hors ces catégories peuvent être exclus.
- L'exonération de cotisations sociales est plafonnée à 25%, contre exonération totale ou dégressive avant.
Implication directe : votre accès à l'ARCE dépend désormais de votre éligibilité à l'ACRE 2026, qui est plus restrictive. Sécurisez ce point dès le départ.
2.5 Impact retraite avec l'ARCE
L'ARCE vous verse un capital, mais ce capital n'ouvre pas de droits retraite de base. Contrairement à l'ARE, qui valide des trimestres pendant indemnisation, l'ARCE ne produit aucun effet sur votre retraite du seul fait du versement.
Vous pouvez cependant valider des droits retraite si votre activité génère du revenu soumis aux cotisations sociales. Mais le mécanisme est différent et moins favorable qu'avec l'ARE.
ARCE = capital en deux fois, dépend de l'ACRE, et n'apporte pas la validation retraite de base via indemnisation.
Partie 3 : Le cœur de la réforme 2025 – le plafonnement 60%
La modification structurelle majeure depuis avril 2025 tient en une phrase : 60% est désormais la base, pas l'exception.
Avant, vous pouviez raisonnablement espérer cumuler jusqu'à 100% de vos droits en créant une entreprise. Cette époque est révolue.
La nouvelle logique est symétrique :
- Avec l'ARE maintenue : vous pouvez cumuler jusqu'à 60% de vos droits via ARE mensuelle, puis demander l'IPR pour les 40%, mais à des conditions très strictes (absence totale de revenus).
- Avec l'ARCE : vous recevez d'emblée 60% en capital, et les 40% restants peuvent théoriquement être récupérés après cessation, avec un différé.
Dans les deux cas, 60% est ce que vous pouvez réellement compter sur.
Ce changement force une réflexion différente sur votre plan de financement. Ne misez pas sur le 40% automatique. Raisonnez avec 60% comme base certaine, et le 40% comme opportunité très conditionnelle.
Partie 4 : Comparaison directe ARE vs ARCE en 2026
| Critère | ARE maintenue | ARCE |
|---|---|---|
| Montant certain | 60% des droits restants (mensuel) | 60% des droits restants (capital) |
| Versement | Mensuel, 30 jours fixes | 2 fois (démarrage + 6 mois) |
| Sécurité trésorerie personnelle | Forte (revenu régulier) | Faible (capital absorbé) |
| Financement investissement | Non (finances la vie personnelle) | Oui (apport entreprise immédiat) |
| Flexibilité d'arrêt | Possible, simple (IPR après) | Rigide (condition CDI, différé) |
| Retraite de base | Validation trimestres | Aucune validation |
| Revenu pendant cumul | Compatible jusqu'à plafond | Impossible si CDI temps plein |
| Accès au 40% restant | IPR si zéro revenu | Après cessation + différé |
Piège fréquent : croire que l'ARE finance l'entreprise
L'ARE finance votre vie personnelle, pas votre investissement d'entreprise. Si votre projet nécessite 5 000 € de matériel dès le mois 1, l'ARE mensuelle ne peut pas financer cela. L'ARCE, versée en capital, peut.
Partie 5 : La règle IPR et le reliquat 40% – ce qu'il faut vraiment comprendre
Beaucoup d'articles en ligne parlent de "récupérer les 40%". Cette présentation est dangereuse en 2026.
La réalité est plus sévère. L'instance paritaire régionale (IPR) peut accepter une poursuite des versements au-delà des 60%, mais le texte exige explicitement que vous justifiiez de l'absence de revenus d'activité, y compris des dividendes.
Cela signifie :
- Zéro salaire versé
- Zéro dividende versé
- Zéro revenu détecté par France Travail
Si votre business model implique une rémunération tôt, l'idée du 40% s'évapore. Vous ne pouvez compter que sur 60%.
Cas pratique : pourquoi les dividendes bloquent l'accès aux 40%
Supposons vous créez une SASU. Vous n'avez pas encore payé de salaire (logique courante pour épargner les cotisations patronales). Mais en fin d'année, vous distribuez 10 000 € de dividendes aux actionnaires (vous).
France Travail et l'IPR considèrent cela comme revenu d'activité. Vous perdez l'accès au 40%. C'est explicite dans la circulaire de 2025.
Partie 6 : Reprise ARE après ARCE – la règle durcie
Avant 2025, si vous perceviez l'ARCE et que votre activité tournait mal, vous pouviez à nouveau demander l'ARE sans pour autant cesser l'entreprise.
Depuis le 1er avril 2025, cette souplesse n'existe plus.
Règle nouvelle : la reprise des droits ARE après perception de l'ARCE est conditionnée à la cessation complète de l'activité non salariée. De plus, cette reprise comporte un différé dont la durée correspond au nombre de jours d'allocations équivalent au second versement ARCE.
Cela signifie que si votre projet n'a pas décollé et que vous aviez choisi l'ARCE, vous ne pouvez pas simplement redemander l'ARE. Vous devez arrêter l'entreprise et attendre un délai avant indemnisation.
Partie 7 : Grille de décision en 7 questions
Appliquez cette grille à votre situation réelle.
Question 1 : avez-vous besoin d'un apport immédiat important
Besoin = cas typiques d'ARCE
- Stock initial significatif
- Matériel lourd (véhicule professionnel, machines)
- Site web et identité visuelle
- Dépôt de garantie ou aménagement
- Franchise ou droit d'entrée
Pas de besoin = cas typiques d'ARE
- Prestation intellectuelle, conseil
- Service, freelance, coaching
- Test d'offre avant investissement
Décision : si vous n'avez pas d'autre source de financement et que l'apport est critique, l'ARCE devient quasi obligatoire. L'ARE ne vous aidera jamais pour du matériel.
Question 2 : votre projet peut-il démarrer "lean"
Un projet lean démarre avec peu de coûts fixes, teste rapidement, ajuste. Le maintien ARE est alors plus efficace car vous financez votre vie, vous itérez sans pression de brûler du capital.
Un projet lourd nécessite un apport solide dès le départ. L'ARCE devient logique.
Décision : petits projets = ARE, projets structurés = ARCE.
Question 3 : le risque commercial est-il élevé
Si vous n'êtes pas sûr de la traction marché (demande client, viabilité du concept), le maintien ARE vous protège. Vous avez plus de temps, plus de flexibilité.
L'ARCE force à réussir vite car vous avez transformé du capital. L'échec signifie perte nette immédiate.
Décision : incertitude élevée = ARE, projet validé = ARCE.
Question 4 : vos revenus professionnels arriveront-ils vite
Si votre activité génère du revenu au bout de 2 mois, le maintien ARE reste possible, mais le montant mensuel baisse proportionnellement à vos revenus déclarés.
Plus important : si vous avez des revenus, l'accès aux 40% (via IPR) devient presque impossible. Vous rentrez dans un calcul complexe où le 60% s'érode progressivement.
Décision : si revenus rapides, ne comptez que sur 60%. Le 40% n'existe plus pour vous.
Question 5 : votre plan de rémunération est-il clair
Posez-vous la question : allez-vous vous verser un salaire dès que possible, ou rester à zéro rémunération un temps pour épargner les cotisations.
Le texte mentionne explicitement "dividendes" dans l'appréciation. Donc même une stratégie "cumul bénéfices + dividendes fin d'année" bloque l'IPR.
Décision : si zéro rémunération longtemps = l'IPR pour 40% possible. Sinon = base 60% seulement.
Question 6 : risque de reprendre un CDI temps plein
Vous pensez peut-être que votre projet n'occupera qu'une partie de votre temps, et qu'un CDI est envisageable.
Si vous avez choisi l'ARCE, un CDI temps plein entre les deux versements bloque le second versement. Vous perdez la moitié de l'aide.
Décision : CDI probable = ne pas choisir ARCE, ou être très prudent.
Question 7 : êtes-vous certain de l'ACRE 2026
L'ARCE suppose l'ACRE. L'ACRE en 2026 est ciblée, non-automatique, et l'exonération est plafonnée à 25%. Vérifiez dès maintenant que vous remplissez les conditions d'éligibilité ACRE 2026 (demandeur d'emploi inscrit, RSA, jeunes, zones prioritaires, etc.).
Si vous n'êtes pas sûr, sécurisez ce point auprès de l'Urssaf avant de viser l'ARCE.
Décision : éligibilité ACRE douce = bonne base pour ARCE. Doute sur éligibilité = ARE plus sûre.
Partie 8 : Quatre profils types et leur stratégie optimale en 2026
Profil A : créateur avec besoin d'investissement urgent
Vous lancez une boutique physique, une production, un atelier. Vous devez acheter du matériel, du stock, des équipements. Vous n'avez pas d'autre financement (banque, investisseurs, apport perso).
Stratégie : ARCE
Pourquoi : l'ARCE crée un apport immédiat, transformable en investissement. Vous démarrez équipé, pas improvisé.
Points de vigilance :
- Gérez l'ARCE comme un capital de lancement, pas comme un salaire. Elle financera l'équipement, pas votre vie personnelle les 6 premiers mois.
- Préparez un coussin personnel pour vivre 6 à 12 mois sans ARE mensuelle.
- Surveillez la condition du second versement : pas de CDI temps plein.
- Projeter que seul 60% est garanti. Les 40% restants sont difficiles d'accès.
Profil B : projet risqué ou innovation incertaine
Vous testez une plateforme SaaS, un service innovant, une niche marché. La demande n'est pas encore validée. Le marché peut basculer. Vous ne savez pas si ça marchera.
Stratégie : ARE maintenue
Pourquoi : vous achetez du temps. L'ARE mensuelle vous permet d'itérer, de pivoter, de tester sans pression immédiate. La flexibilité domine.
Points de vigilance :
- Raisonnez 60%. Les 40% ne sont pas votre plan A.
- Acceptez que le versement mensuel baisse si vous générez des revenus.
- Si vous trouvez des revenus rapidement (bon signe), le cumul se durcit. Mais c'est un problème de croissance, pas un problème grave.
Profil C : entrepreneur "step-by-step" expérimenté
Vous avez déjà entrepris. Vous savez tester, apprendre, monter progressivement. Votre projet démarre lean : un service, du conseil, de la prestation intellectuelle. Vous construisez à partir d'une base client.
Stratégie : ARE maintenue
Pourquoi : vous allez générer du revenu progressif. L'ARE complète pendant que vous montez. Vous évitez de brûler un capital d'ARCE trop vite.
Points de vigilance :
- Déclarez vos revenus correctement. France Travail recalcule l'ARE mensuellement selon vos déclarations.
- Préparez-vous au plafonnement : à partir d'un certain seuil de revenu, l'ARE s'érode ou s'arrête.
Profil D : projet ambitieux bien structuré
Vous avez un projet documenté, un plan de financement mixte (apport ARCE + banque + investisseurs). Vous êtes confiant. Votre équipe existe. Les risques sont identifiés.
Stratégie : ARCE + autres financements
Pourquoi : l'ARCE joue un rôle d'apport stratégique. Elle peut être complétée par un emprunt ou des levées. Vous utilisez tous les outils.
Points de vigilance :
- L'ARCE n'est qu'un élément du financement, pas la colonne vertébrale.
- Sécurisez les banques : elles veulent voir du skin in the game. L'ARCE le montre.
- Gérez le second versement : maintenez votre activité, pas de CDI temps plein.
Partie 9 : Accepter le changement paradigmatique – 60% est la nouvelle norme
Le point le plus important que vous devez internaliser est celui-ci : le raisonnement "je vais toucher 100% de mes droits" est révolu.
La réforme de 2025 a changé le paradigme. En 2026, l'architecture est la suivante :
- 60% est la partie la plus certaine, que vous choisissiez ARE ou ARCE.
- 40% est conditionnel, difficile d'accès, et soumis à des critères (absence de revenus, cessation d'activité, différé de reprise).
Cela signifie que votre plan de financement doit partir de 60%. Les 40% ne sont jamais une ligne que vous pouvez inscrire au budget avec certitude.
Pourquoi cette réforme
Le gouvernement a deux objectifs :
- Encourager les créateurs à générer rapidement du revenu plutôt que de compter uniquement sur l'indemnité.
- Mieux contrôler les dépenses de l'assurance chômage.
Résultat : l'ARE/ARCE n'est plus un guichet d'indemnisation à durée indéfinie. C'est un coup de pouce avec un "toit" clair : 60%.
Partie 10 : Checklist opérationnelle pour sécuriser votre dossier
Appliquez cette checklist dans cet ordre exact.
Étape 1 : Vérifier votre statut et vos droits
- Vous êtes inscrit auprès de France Travail
- Votre ARE est active et le montant mensuel est connu
- Vous connaissez vos droits restants (en mois ou en euros)
- Vous savez à quelle date votre droit se termine (limite de déchéance)
- Votre fin de contrat qui a ouvert vos droits est postérieure au 1er avril 2025 (sinon, taux ARCE 45% au lieu de 60%)
Étape 2 : Clarifier la nature de votre activité
- Nouvelle activité créée (ou activité conservée depuis avant chômage)
- Forme juridique envisagée (micro, EURL, SASU, SARL)
- Secteur d'activité identifié
- Calendrier : date effective de lancement
Étape 3 : Sécuriser l'ACRE 2026 (critique)
- Vous avez vérifié votre éligibilité ACRE 2026 (demandeur indemnisé, RSA, jeunes, zones rurales, etc.)
- Vous savez quel formulaire Urssaf remplir
- Vous avez prévu de faire la demande après immatriculation
- Vous acceptez que l'exonération soit plafonnée à 25%
Étape 4 : Décider ARE ou ARCE avec logique claire
- Vous avez répondu aux 7 questions de la grille (sections 7)
- Vous avez choisi une option (pas de "peut-être")
- Vous avez documenté votre raisonnement (utile si contestation)
Étape 5 : Gérer votre actualisation mensuelle
- Vous actualisez mensuellement auprès de France Travail
- Vous déclarez vos revenus réels (pas d'approximation)
- Vous conservez tous les justificatifs (fiches de paie, factures, extraits comptables, PV assemblées générales)
- Vous respectez les délais de transmission
Partie 11 : Erreurs fréquentes à absolument éviter
Erreur 1 : Choisir l'ARCE sans plan de vie personnelle strict
L'ARCE verse du capital, puis plus rien. Si vous n'avez pas budgétisé votre vie personnelle pour 6 à 12 mois, vous réinjecterez la trésorerie d'entreprise dans votre vie (loyer, nourriture). Résultat : pas d'investissement réel.
Prévention : avant de choisir ARCE, calculez vos dépenses mensuelles, multipliez par 12, et vérifiez que vous pouvez les couvrir autrement (épargne, conjoint, prêt personnel).
Erreur 2 : Compter sur les 40% comme ligne de budget
Le texte parle d'une "demande exceptionnelle" à l'IPR. Le mot "exceptionnel" signifie que ce n'est pas garanti. L'absence totale de revenus est nécessaire. Si vous gagnez 500 € de revenus, l'IPR peut rejeter votre demande.
Prévention : raisonnez toujours en 60%. Les 40% sont un bonus potentiel, jamais une base.
Erreur 3 : Ignorer la réforme ACRE 2026
L'ACRE a changé au 1er janvier 2026. Les conditions sont plus strictes, l'exonération est plus faible. Si vous visez l'ARCE, vous passez forcément par l'ACRE 2026. Ne l'ignorez pas.
Prévention : vérifiez votre éligibilité ACRE 2026 dès maintenant. Faites la demande Urssaf après immatriculation, sans attendre.
Erreur 4 : Sous-estimer la condition "CDI temps plein" pour ARCE
Si vous avez choisi l'ARCE et que vous retrouvez un CDI à temps plein dans les 6 mois, vous perdez le second versement. C'est une perte sèche (disons 6 000 € typiquement).
Prévention : si un CDI est probable, ne choisissez pas ARCE. Ou soyez très sûr de votre projet.
Erreur 5 : Oublier que "dividendes" = revenu d'activité pour l'IPR
Beaucoup pensent que les dividendes ne comptent pas. Depuis 2025, France Travail les compte explicitement. Si vous distribuez des dividendes (même symboliques), l'IPR n'accordera pas les 40%.
Prévention : si vous visez le 40%, ne distribuez aucun dividende tant que vous êtes en phase d'indemnisation. Cumulez les bénéfices en réserves.
Erreur 6 : Ne pas documenter votre choix
France Travail calcule souvent mal. Si vous subissez un recalcul désavantageux, votre documentation (mail explicatif, dates, raisonnement) vous protège en cas de recours.
Prévention : notifiez France Travail par écrit de votre choix ARE ou ARCE. Demandez une confirmation.
Partie 12 : Exemples chiffrés pour fixer les idées
Ces cas simplifient la réalité pour illustrer les arbitrages. Ne remplacez pas un calcul France Travail exact.
Cas A : créateur avec investissement immédiat
Situation : vous lancez une activité de prestation audiovisuelle. Vous devez acheter une caméra (3 000 €), du matériel son (2 000 €), créer un site et faire de la pub (2 000 €).
Droits restants : 25 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez l'ARE (~800 €/mois). Au bout de 8 mois, vous avez cumulé jusqu'à 60% (15 000 €) via ARE + quelques revenus initiaux. Vous devez financer les 7 000 € d'équipement autrement (emprunt perso, apport, dettes). Votre trésorerie est serrée.
Option ARCE : vous recevez 60% = 15 000 € en capital immédiat (moins 3% = ~14 550 €). Vous financez l'équipement (7 000 €), il reste 7 550 € de trésorerie. Vous n'avez plus ARE mensuelle, donc vous devez vivre 12 mois sur le reliquat + revenus.
Arbitrage : si vous n'avez pas d'autre financement et que l'équipement est critique, l'ARCE est plus efficace. Elle vous permet de démarrer équipé. Mais vous devez avoir épargné personnellement pour votre vie.
Cas B : activité de service progressive
Situation : consultant freelance. Peu d'investissement de départ, clients potentiels identifiés mais pas encore signés.
Droits restants : 20 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez 1 000 €/mois d'ARE. Dès que vous signez un client, votre allocation baisse en proportion de vos revenus déclarés. Après 8-10 mois (selon revenus générés), vous atteinez 60% de cumul, ARE s'arrête.
Option ARCE : vous recevez ~12 000 € immédiatement. Vous n'avez aucun ARE après. Vous vivez sur le capital + premières factures clients.
Arbitrage : l'ARE est probablement meilleure car vous financez votre vie progressivement, vous testez, vous itérez. Le capital ARCE serait consommé rapidement sans revenue offset.
Cas C : projet très risqué / innovation
Situation : plateforme SaaS. Vous ne savez pas si ça va trouver des clients. Investissement nécessaire : serveur, dev, marketing. Mais vous voulez garder la flexibilité d'arrêter en mois 4 si ça ne marche pas.
Droits restants : 18 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez l'ARE, vous testez. Si ça rate au mois 4, vous êtes toujours indemnisé. Vous avez du temps pour rebondir ou chercher un emploi.
Option ARCE : vous investissez ~10 800 € (60%), ça rate au mois 4. Vous perdez l'argent investi, et vous n'avez plus ni ARE ni ARCE. Reprise des droits = cessation + différé (difficile).
Arbitrage : l'ARE est beaucoup plus prudente. Le coût de l'échec est inférieur.
Partie 13 : FAQ 2026 – réponses directes
P : Puis-je cumuler ARE et ARCE ?
R : Non, c'est exclusif. Vous choisissez l'un ou l'autre au lancement.
P : Si je choisis ARE, puis-je la changer en ARCE après 2 mois ?
R : Non, le choix se fait au démarrage. Après, il est verrouillé sauf situations très particulières.
P : Le cumul ARE + activité non salariée est-il toujours possible ?
R : Oui, mais plafonné à 60% des droits restants. Après 60%, vous pouvez solliciter l'IPR pour les 40%, sous condition d'absence de revenus.
P : Qu'est-ce que l'IPR exactement ?
R : L'instance paritaire régionale, c'est une commission paritaire (syndicats, patronat) qui examine à titre exceptionnel les demandes de poursuite d'ARE après 60% d'utilisation.
P : Si je ne génère aucun revenu, j'ai accès aux 40% ?
R : Probablement, mais ce n'est pas garanti. Vous devez aussi justifier que l'activité continue réellement et fournir des preuves comptables.
P : Les dividendes comptent-ils comme revenus pour l'IPR ?
R : Oui, explicitement depuis 2025. Si vous distribuez des dividendes, vous perdez l'accès aux 40%.
P : Si je reprends un CDI après l'ARCE, je perds quoi ?
R : Si le CDI est à temps plein et démarre avant le second versement ARCE (6 mois après le premier), vous perdez le second versement.
P : Puis-je reprendre l'ARE après avoir perçu l'ARCE ?
R : Uniquement si vous cessez complètement votre activité non salariée. Et le versement est soumis à un différé.
P : L'ARCE valide-t-elle des trimestres retraite ?
R : Non, l'ARCE ne valide aucun trimestre retraite de base. Seule l'activité génératrice de revenu soumis à cotisations le fait.
P : Je suis micro-entrepreneur, comment on compte mes revenus pour l'ARE ?
R : France Travail applique des abattements selon la nature de l'activité (achat-revente, prestation, etc.). Vous déclarez votre chiffre d'affaires, l'abattement s'applique automatiquement.
P : L'ACRE 2026 change, comment je l'obtiens ?
R : Vous faites une demande explicite à l'Urssaf après immatriculation. Plus automatique. Vous devez remplir les conditions (demandeur indemnisé, RSA, jeunes, etc.).
P : Si je ne suis pas éligible ACRE 2026, je perds l'ARCE ?
R : Oui, l'ARCE suppose l'ACRE. Pas ACRE = pas ARCE possible.
P : La mensualisation 30 jours change quoi pour moi ?
R : Votre ARE est plus prévisible. Plus de variation février/mars. Mais vous perdez 5-6 jours d'indemnisation par an par rapport à avant.
Conclusion : la règle d'or pour piloter votre création en 2026
Si vous retenez une seule chose de ce guide, c'est ceci :
En 2026, raisonnez votre création d'entreprise avec l'hypothèse que 60% de vos droits ARE est la partie certaine.
Ensuite, décidez comment utiliser ce 60% :
- Mensuellement, via le maintien ARE, pour financer votre vie et tester progressivement.
- En capital, via l'ARCE, pour investir immédiatement et démarrer équipé.
Les 40% restants existent, mais ils sont soumis à des conditions si dures (absence totale de revenus, IPR exceptionnel, ou cessation + différé) qu'il ne faut jamais les inscrire à votre budget initial.
Trois points structurants à garder en tête :
- IPR et absence de revenus : si vous voulez accéder au reliquat via l'IPR, vous devez attester de zéro revenu, y compris dividendes. Dès que vous vous rémunérez, c'est fini.
- ARCE et CDI temps plein : le second versement ARCE exige que vous ne soyez pas en CDI temps plein. C'est une condition depuis avril 2025. Prenez-la au sérieux.
- ACRE 2026 a changé : si vous visez l'ARCE, vous dépendez de l'ACRE. L'ACRE en 2026 est plus restrictive (conditions ciblées, demande obligatoire, exonération plafonnée 25%). Vérifiez votre éligibilité immédiatement.
Au-delà de ces trois points, le choix ARE vs ARCE dépend de votre contexte : urgence d'investissement, profil de risque, certitude commerciale, timing des revenus, plan de rémunération.
Appliquez la grille de décision en 7 questions. Écoutez l'option qui répond le plus à votre situation réelle, pas aux idées reçues.
Et n'hésitez pas à contacter France Travail pour valider votre compréhension. Un appel de 15 minutes aux bons conseillers peut valoir des mois d'erreur.
Vous créez une entreprise : c'est votre priorité. L'ARE ou l'ARCE n'est qu'un outil pour la financer. Choisissez le bon, et avancez.
Base 60% certaine, 40% conditionnel. ARE = revenu régulier pour la vie personnelle, ARCE = capital pour investir. Le reste dépend de votre profil, de l'ACRE 2026, et du formalisme.
Choisir entre ARE et ARCE en 2026 : guide complet
Choisir entre ARE et ARCE en 2026 : guide complet pour créateurs d'entreprise
Depuis le 1er avril 2025, le point central est le plafonnement à 60% de vos droits restants, que vous optiez pour ARE ou ARCE.
Introduction : pourquoi ce choix existe et comment il a changé
Vous êtes demandeur d'emploi indemnisé et vous envisagez de créer ou reprendre une entreprise. Vous avez des droits à l'assurance chômage qui pourraient financer vos débuts. France Travail vous propose deux chemins radicalement différents : maintenir votre allocation mensuelle (ARE) tout en lançant votre activité, ou transformer une partie de vos droits en capital immédiat (ARCE).
Ce choix n'est pas neutre. Depuis le 1er avril 2025, les règles ont profondément changé. La nouvelle donne introduit un plafonnement central à 60% de vos droits restants, que vous optiez pour ARE ou ARCE. C'est une modification structurelle majeure qui rend les deux options plus symétriques qu'avant, mais aussi plus exigeantes.
Objectif de ce guide : vous donner une méthode pratique, adossée aux règles 2026, pour décider quelle stratégie sécurise vraiment votre lancement.
Partie 1 : Comprendre l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi)
1.1 Qu'est-ce que l'ARE concrètement
L'ARE est l'indemnité chômage versée par France Travail à un demandeur d'emploi inscrit. C'est un revenu mensuel qui dépend de vos anciens salaires. En tant que créateur d'entreprise, l'ARE joue un rôle précis : elle finance votre vie personnelle (loyer, nourriture, transport, charges fixes), tandis que votre trésorerie d'entreprise se construit sur vos revenus professionnels.
L'ARE n'est pas prévu pour financer l'investissement en matériel ou en stock. C'est un filet de sécurité personnelle, pas un apport d'entreprise.
1.2 Créer une entreprise et garder l'ARE : la règle 60% depuis avril 2025
Avant avril 2025, vous pouviez théoriquement cumuler votre ARE avec les revenus de votre activité jusqu'à épuisement complet de vos droits. Cette époque est révolue.
Depuis le 1er avril 2025, le cumul ARE et revenus non salariés est plafonné à 60% du reliquat de droits restants à la date de création de votre entreprise.
Concrètement : si vous avez 20 000 € de droits ARE au moment du lancement, vous pourrez cumuler ARE et revenus seulement jusqu'à 12 000 € (60%). Passé ce seuil, les versements s'arrêtent.
Le montant mensuel de l'ARE lui-même ne change pas. Ce qui change, c'est la durée d'indemnisation. Vous percevrez 70% du salaire mensuel de référence, mais pendant une période plus courte.
1.3 Qu'arrive-t-il aux 40% restants
C'est le point que beaucoup ne comprennent pas. Les 40% subsistent, mais ils ne sont plus "automatiques".
Deux scénarios existent :
Scénario 1 : demande à l'instance paritaire régionale (IPR). Après avoir atteint les 60%, vous pouvez demander exceptionnellement à l'IPR la poursuite du versement sur les 40% restants. Mais cette demande a des conditions strictes :
- Justifier que votre activité non salariée continue réellement
- Attester de l'absence totale de revenus d'activité, y compris dividendes
- Fournir des justificatifs comptables et fiscaux
La dernière condition est décisive. Si vous vous versez un salaire ou des dividendes, même modeste, vous perdez automatiquement l'accès au 40% restant.
Scénario 2 : reprise après cessation. Si vous stoppez votre activité, vous pouvez redemander l'ARE. Mais depuis avril 2025, cette reprise comporte un différé d'indemnisation dont la durée n'est pas encore précisée dans tous les textes d'application.
1.4 Mensualisation depuis avril 2025
L'ARE est désormais versée sur une base fixe de 30 jours par mois, quel que soit le nombre de jours réels du mois (février, mars, etc.). Conséquence : votre trésorerie personnelle est plus prévisible d'un mois à l'autre.
1.5 Avantage invisible : validation retraite
Souvent ignoré, ce point compte. Tant que vous recevez l'ARE, vous bénéficiez d'une affiliation qui valide des trimestres pour la retraite de base, sous conditions. Cette logique de protection sociale est importante à long terme.
L'ARE finance votre vie personnelle, pas votre investissement d'entreprise. Le plafonnement 60% joue sur la durée, pas sur le montant mensuel.
Partie 2 : Comprendre l'ARCE (aide à la reprise/création d'entreprise)
2.1 Qu'est-ce que l'ARCE
L'ARCE permet de transformer une partie de vos droits ARE en capital versé en deux fois. Vous recevez les fonds directement, non pas mensuellement mais en deux versements massés.
Point majeur : ARE et ARCE ne se cumulent pas. Il faut choisir l'une ou l'autre dès le démarrage.
2.2 Montant exact en 2026
L'ARCE correspond à 60% de vos droits ARE restants, à la date de création, moins une déduction de 3% au titre des retraites complémentaires.
Exemple chiffré : si vous avez 20 000 € de droits ARE, l'ARCE = 60% × 20 000 € = 12 000 €, puis déduction 3% = environ 11 640 €.
Les 40% restants (soit environ 7 360 €) peuvent théoriquement être récupérés après cessation d'activité, mais sous conditions rigoureuses depuis 2025.
2.3 Les deux versements et leurs conditions
Le paiement s'effectue en deux fois :
- Premier versement : à la validation de votre création et de l'accès à l'ACRE.
- Second versement : 6 mois plus tard, à condition que votre activité existe encore et que vous n'exerciez pas un CDI à temps plein simultanément.
Cette dernière condition est entrée en vigueur le 1er avril 2025 et change beaucoup de choses. Si vous trouvez un emploi salarié à temps plein entre les deux versements, vous perdez la deuxième tranche. Cela vise à éviter un cumul considéré comme trop avantageux (ARCE + salaire CDI).
2.4 Le passage obligatoire par l'ACRE en 2026
Pour accéder à l'ARCE, vous devez au préalable bénéficier de l'ACRE. Or l'ACRE a été profondément réformée au 1er janvier 2026.
Changements ACRE 2026 :
- Elle n'est plus quasi-automatique. Vous devez en faire la demande explicite auprès de l'Urssaf après immatriculation.
- Les conditions d'éligibilité sont resserrées : demandeur d'emploi indemnisé, RSA/ASS, jeunes, personnes en zones rurales prioritaires, etc. Les créateurs hors ces catégories peuvent être exclus.
- L'exonération de cotisations sociales est plafonnée à 25%, contre exonération totale ou dégressive avant.
Implication directe : votre accès à l'ARCE dépend désormais de votre éligibilité à l'ACRE 2026, qui est plus restrictive. Sécurisez ce point dès le départ.
2.5 Impact retraite avec l'ARCE
L'ARCE vous verse un capital, mais ce capital n'ouvre pas de droits retraite de base. Contrairement à l'ARE, qui valide des trimestres pendant indemnisation, l'ARCE ne produit aucun effet sur votre retraite du seul fait du versement.
Vous pouvez cependant valider des droits retraite si votre activité génère du revenu soumis aux cotisations sociales. Mais le mécanisme est différent et moins favorable qu'avec l'ARE.
ARCE = capital en deux fois, dépend de l'ACRE, et n'apporte pas la validation retraite de base via indemnisation.
Partie 3 : Le cœur de la réforme 2025 – le plafonnement 60%
La modification structurelle majeure depuis avril 2025 tient en une phrase : 60% est désormais la base, pas l'exception.
Avant, vous pouviez raisonnablement espérer cumuler jusqu'à 100% de vos droits en créant une entreprise. Cette époque est révolue.
La nouvelle logique est symétrique :
- Avec l'ARE maintenue : vous pouvez cumuler jusqu'à 60% de vos droits via ARE mensuelle, puis demander l'IPR pour les 40%, mais à des conditions très strictes (absence totale de revenus).
- Avec l'ARCE : vous recevez d'emblée 60% en capital, et les 40% restants peuvent théoriquement être récupérés après cessation, avec un différé.
Dans les deux cas, 60% est ce que vous pouvez réellement compter sur.
Ce changement force une réflexion différente sur votre plan de financement. Ne misez pas sur le 40% automatique. Raisonnez avec 60% comme base certaine, et le 40% comme opportunité très conditionnelle.
Partie 4 : Comparaison directe ARE vs ARCE en 2026
| Critère | ARE maintenue | ARCE |
|---|---|---|
| Montant certain | 60% des droits restants (mensuel) | 60% des droits restants (capital) |
| Versement | Mensuel, 30 jours fixes | 2 fois (démarrage + 6 mois) |
| Sécurité trésorerie personnelle | Forte (revenu régulier) | Faible (capital absorbé) |
| Financement investissement | Non (finances la vie personnelle) | Oui (apport entreprise immédiat) |
| Flexibilité d'arrêt | Possible, simple (IPR après) | Rigide (condition CDI, différé) |
| Retraite de base | Validation trimestres | Aucune validation |
| Revenu pendant cumul | Compatible jusqu'à plafond | Impossible si CDI temps plein |
| Accès au 40% restant | IPR si zéro revenu | Après cessation + différé |
Piège fréquent : croire que l'ARE finance l'entreprise
L'ARE finance votre vie personnelle, pas votre investissement d'entreprise. Si votre projet nécessite 5 000 € de matériel dès le mois 1, l'ARE mensuelle ne peut pas financer cela. L'ARCE, versée en capital, peut.
Partie 5 : La règle IPR et le reliquat 40% – ce qu'il faut vraiment comprendre
Beaucoup d'articles en ligne parlent de "récupérer les 40%". Cette présentation est dangereuse en 2026.
La réalité est plus sévère. L'instance paritaire régionale (IPR) peut accepter une poursuite des versements au-delà des 60%, mais le texte exige explicitement que vous justifiiez de l'absence de revenus d'activité, y compris des dividendes.
Cela signifie :
- Zéro salaire versé
- Zéro dividende versé
- Zéro revenu détecté par France Travail
Si votre business model implique une rémunération tôt, l'idée du 40% s'évapore. Vous ne pouvez compter que sur 60%.
Cas pratique : pourquoi les dividendes bloquent l'accès aux 40%
Supposons vous créez une SASU. Vous n'avez pas encore payé de salaire (logique courante pour épargner les cotisations patronales). Mais en fin d'année, vous distribuez 10 000 € de dividendes aux actionnaires (vous).
France Travail et l'IPR considèrent cela comme revenu d'activité. Vous perdez l'accès au 40%. C'est explicite dans la circulaire de 2025.
Partie 6 : Reprise ARE après ARCE – la règle durcie
Avant 2025, si vous perceviez l'ARCE et que votre activité tournait mal, vous pouviez à nouveau demander l'ARE sans pour autant cesser l'entreprise.
Depuis le 1er avril 2025, cette souplesse n'existe plus.
Règle nouvelle : la reprise des droits ARE après perception de l'ARCE est conditionnée à la cessation complète de l'activité non salariée. De plus, cette reprise comporte un différé dont la durée correspond au nombre de jours d'allocations équivalent au second versement ARCE.
Cela signifie que si votre projet n'a pas décollé et que vous aviez choisi l'ARCE, vous ne pouvez pas simplement redemander l'ARE. Vous devez arrêter l'entreprise et attendre un délai avant indemnisation.
Partie 7 : Grille de décision en 7 questions
Appliquez cette grille à votre situation réelle.
Question 1 : avez-vous besoin d'un apport immédiat important
Besoin = cas typiques d'ARCE
- Stock initial significatif
- Matériel lourd (véhicule professionnel, machines)
- Site web et identité visuelle
- Dépôt de garantie ou aménagement
- Franchise ou droit d'entrée
Pas de besoin = cas typiques d'ARE
- Prestation intellectuelle, conseil
- Service, freelance, coaching
- Test d'offre avant investissement
Décision : si vous n'avez pas d'autre source de financement et que l'apport est critique, l'ARCE devient quasi obligatoire. L'ARE ne vous aidera jamais pour du matériel.
Question 2 : votre projet peut-il démarrer "lean"
Un projet lean démarre avec peu de coûts fixes, teste rapidement, ajuste. Le maintien ARE est alors plus efficace car vous financez votre vie, vous itérez sans pression de brûler du capital.
Un projet lourd nécessite un apport solide dès le départ. L'ARCE devient logique.
Décision : petits projets = ARE, projets structurés = ARCE.
Question 3 : le risque commercial est-il élevé
Si vous n'êtes pas sûr de la traction marché (demande client, viabilité du concept), le maintien ARE vous protège. Vous avez plus de temps, plus de flexibilité.
L'ARCE force à réussir vite car vous avez transformé du capital. L'échec signifie perte nette immédiate.
Décision : incertitude élevée = ARE, projet validé = ARCE.
Question 4 : vos revenus professionnels arriveront-ils vite
Si votre activité génère du revenu au bout de 2 mois, le maintien ARE reste possible, mais le montant mensuel baisse proportionnellement à vos revenus déclarés.
Plus important : si vous avez des revenus, l'accès aux 40% (via IPR) devient presque impossible. Vous rentrez dans un calcul complexe où le 60% s'érode progressivement.
Décision : si revenus rapides, ne comptez que sur 60%. Le 40% n'existe plus pour vous.
Question 5 : votre plan de rémunération est-il clair
Posez-vous la question : allez-vous vous verser un salaire dès que possible, ou rester à zéro rémunération un temps pour épargner les cotisations.
Le texte mentionne explicitement "dividendes" dans l'appréciation. Donc même une stratégie "cumul bénéfices + dividendes fin d'année" bloque l'IPR.
Décision : si zéro rémunération longtemps = l'IPR pour 40% possible. Sinon = base 60% seulement.
Question 6 : risque de reprendre un CDI temps plein
Vous pensez peut-être que votre projet n'occupera qu'une partie de votre temps, et qu'un CDI est envisageable.
Si vous avez choisi l'ARCE, un CDI temps plein entre les deux versements bloque le second versement. Vous perdez la moitié de l'aide.
Décision : CDI probable = ne pas choisir ARCE, ou être très prudent.
Question 7 : êtes-vous certain de l'ACRE 2026
L'ARCE suppose l'ACRE. L'ACRE en 2026 est ciblée, non-automatique, et l'exonération est plafonnée à 25%. Vérifiez dès maintenant que vous remplissez les conditions d'éligibilité ACRE 2026 (demandeur d'emploi inscrit, RSA, jeunes, zones prioritaires, etc.).
Si vous n'êtes pas sûr, sécurisez ce point auprès de l'Urssaf avant de viser l'ARCE.
Décision : éligibilité ACRE douce = bonne base pour ARCE. Doute sur éligibilité = ARE plus sûre.
Partie 8 : Quatre profils types et leur stratégie optimale en 2026
Profil A : créateur avec besoin d'investissement urgent
Vous lancez une boutique physique, une production, un atelier. Vous devez acheter du matériel, du stock, des équipements. Vous n'avez pas d'autre financement (banque, investisseurs, apport perso).
Stratégie : ARCE
Pourquoi : l'ARCE crée un apport immédiat, transformable en investissement. Vous démarrez équipé, pas improvisé.
Points de vigilance :
- Gérez l'ARCE comme un capital de lancement, pas comme un salaire. Elle financera l'équipement, pas votre vie personnelle les 6 premiers mois.
- Préparez un coussin personnel pour vivre 6 à 12 mois sans ARE mensuelle.
- Surveillez la condition du second versement : pas de CDI temps plein.
- Projeter que seul 60% est garanti. Les 40% restants sont difficiles d'accès.
Profil B : projet risqué ou innovation incertaine
Vous testez une plateforme SaaS, un service innovant, une niche marché. La demande n'est pas encore validée. Le marché peut basculer. Vous ne savez pas si ça marchera.
Stratégie : ARE maintenue
Pourquoi : vous achetez du temps. L'ARE mensuelle vous permet d'itérer, de pivoter, de tester sans pression immédiate. La flexibilité domine.
Points de vigilance :
- Raisonnez 60%. Les 40% ne sont pas votre plan A.
- Acceptez que le versement mensuel baisse si vous générez des revenus.
- Si vous trouvez des revenus rapidement (bon signe), le cumul se durcit. Mais c'est un problème de croissance, pas un problème grave.
Profil C : entrepreneur "step-by-step" expérimenté
Vous avez déjà entrepris. Vous savez tester, apprendre, monter progressivement. Votre projet démarre lean : un service, du conseil, de la prestation intellectuelle. Vous construisez à partir d'une base client.
Stratégie : ARE maintenue
Pourquoi : vous allez générer du revenu progressif. L'ARE complète pendant que vous montez. Vous évitez de brûler un capital d'ARCE trop vite.
Points de vigilance :
- Déclarez vos revenus correctement. France Travail recalcule l'ARE mensuellement selon vos déclarations.
- Préparez-vous au plafonnement : à partir d'un certain seuil de revenu, l'ARE s'érode ou s'arrête.
Profil D : projet ambitieux bien structuré
Vous avez un projet documenté, un plan de financement mixte (apport ARCE + banque + investisseurs). Vous êtes confiant. Votre équipe existe. Les risques sont identifiés.
Stratégie : ARCE + autres financements
Pourquoi : l'ARCE joue un rôle d'apport stratégique. Elle peut être complétée par un emprunt ou des levées. Vous utilisez tous les outils.
Points de vigilance :
- L'ARCE n'est qu'un élément du financement, pas la colonne vertébrale.
- Sécurisez les banques : elles veulent voir du skin in the game. L'ARCE le montre.
- Gérez le second versement : maintenez votre activité, pas de CDI temps plein.
Partie 9 : Accepter le changement paradigmatique – 60% est la nouvelle norme
Le point le plus important que vous devez internaliser est celui-ci : le raisonnement "je vais toucher 100% de mes droits" est révolu.
La réforme de 2025 a changé le paradigme. En 2026, l'architecture est la suivante :
- 60% est la partie la plus certaine, que vous choisissiez ARE ou ARCE.
- 40% est conditionnel, difficile d'accès, et soumis à des critères (absence de revenus, cessation d'activité, différé de reprise).
Cela signifie que votre plan de financement doit partir de 60%. Les 40% ne sont jamais une ligne que vous pouvez inscrire au budget avec certitude.
Pourquoi cette réforme
Le gouvernement a deux objectifs :
- Encourager les créateurs à générer rapidement du revenu plutôt que de compter uniquement sur l'indemnité.
- Mieux contrôler les dépenses de l'assurance chômage.
Résultat : l'ARE/ARCE n'est plus un guichet d'indemnisation à durée indéfinie. C'est un coup de pouce avec un "toit" clair : 60%.
Partie 10 : Checklist opérationnelle pour sécuriser votre dossier
Appliquez cette checklist dans cet ordre exact.
Étape 1 : Vérifier votre statut et vos droits
- Vous êtes inscrit auprès de France Travail
- Votre ARE est active et le montant mensuel est connu
- Vous connaissez vos droits restants (en mois ou en euros)
- Vous savez à quelle date votre droit se termine (limite de déchéance)
- Votre fin de contrat qui a ouvert vos droits est postérieure au 1er avril 2025 (sinon, taux ARCE 45% au lieu de 60%)
Étape 2 : Clarifier la nature de votre activité
- Nouvelle activité créée (ou activité conservée depuis avant chômage)
- Forme juridique envisagée (micro, EURL, SASU, SARL)
- Secteur d'activité identifié
- Calendrier : date effective de lancement
Étape 3 : Sécuriser l'ACRE 2026 (critique)
- Vous avez vérifié votre éligibilité ACRE 2026 (demandeur indemnisé, RSA, jeunes, zones rurales, etc.)
- Vous savez quel formulaire Urssaf remplir
- Vous avez prévu de faire la demande après immatriculation
- Vous acceptez que l'exonération soit plafonnée à 25%
Étape 4 : Décider ARE ou ARCE avec logique claire
- Vous avez répondu aux 7 questions de la grille (sections 7)
- Vous avez choisi une option (pas de "peut-être")
- Vous avez documenté votre raisonnement (utile si contestation)
Étape 5 : Gérer votre actualisation mensuelle
- Vous actualisez mensuellement auprès de France Travail
- Vous déclarez vos revenus réels (pas d'approximation)
- Vous conservez tous les justificatifs (fiches de paie, factures, extraits comptables, PV assemblées générales)
- Vous respectez les délais de transmission
Partie 11 : Erreurs fréquentes à absolument éviter
Erreur 1 : Choisir l'ARCE sans plan de vie personnelle strict
L'ARCE verse du capital, puis plus rien. Si vous n'avez pas budgétisé votre vie personnelle pour 6 à 12 mois, vous réinjecterez la trésorerie d'entreprise dans votre vie (loyer, nourriture). Résultat : pas d'investissement réel.
Prévention : avant de choisir ARCE, calculez vos dépenses mensuelles, multipliez par 12, et vérifiez que vous pouvez les couvrir autrement (épargne, conjoint, prêt personnel).
Erreur 2 : Compter sur les 40% comme ligne de budget
Le texte parle d'une "demande exceptionnelle" à l'IPR. Le mot "exceptionnel" signifie que ce n'est pas garanti. L'absence totale de revenus est nécessaire. Si vous gagnez 500 € de revenus, l'IPR peut rejeter votre demande.
Prévention : raisonnez toujours en 60%. Les 40% sont un bonus potentiel, jamais une base.
Erreur 3 : Ignorer la réforme ACRE 2026
L'ACRE a changé au 1er janvier 2026. Les conditions sont plus strictes, l'exonération est plus faible. Si vous visez l'ARCE, vous passez forcément par l'ACRE 2026. Ne l'ignorez pas.
Prévention : vérifiez votre éligibilité ACRE 2026 dès maintenant. Faites la demande Urssaf après immatriculation, sans attendre.
Erreur 4 : Sous-estimer la condition "CDI temps plein" pour ARCE
Si vous avez choisi l'ARCE et que vous retrouvez un CDI à temps plein dans les 6 mois, vous perdez le second versement. C'est une perte sèche (disons 6 000 € typiquement).
Prévention : si un CDI est probable, ne choisissez pas ARCE. Ou soyez très sûr de votre projet.
Erreur 5 : Oublier que "dividendes" = revenu d'activité pour l'IPR
Beaucoup pensent que les dividendes ne comptent pas. Depuis 2025, France Travail les compte explicitement. Si vous distribuez des dividendes (même symboliques), l'IPR n'accordera pas les 40%.
Prévention : si vous visez le 40%, ne distribuez aucun dividende tant que vous êtes en phase d'indemnisation. Cumulez les bénéfices en réserves.
Erreur 6 : Ne pas documenter votre choix
France Travail calcule souvent mal. Si vous subissez un recalcul désavantageux, votre documentation (mail explicatif, dates, raisonnement) vous protège en cas de recours.
Prévention : notifiez France Travail par écrit de votre choix ARE ou ARCE. Demandez une confirmation.
Partie 12 : Exemples chiffrés pour fixer les idées
Ces cas simplifient la réalité pour illustrer les arbitrages. Ne remplacez pas un calcul France Travail exact.
Cas A : créateur avec investissement immédiat
Situation : vous lancez une activité de prestation audiovisuelle. Vous devez acheter une caméra (3 000 €), du matériel son (2 000 €), créer un site et faire de la pub (2 000 €).
Droits restants : 25 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez l'ARE (~800 €/mois). Au bout de 8 mois, vous avez cumulé jusqu'à 60% (15 000 €) via ARE + quelques revenus initiaux. Vous devez financer les 7 000 € d'équipement autrement (emprunt perso, apport, dettes). Votre trésorerie est serrée.
Option ARCE : vous recevez 60% = 15 000 € en capital immédiat (moins 3% = ~14 550 €). Vous financez l'équipement (7 000 €), il reste 7 550 € de trésorerie. Vous n'avez plus ARE mensuelle, donc vous devez vivre 12 mois sur le reliquat + revenus.
Arbitrage : si vous n'avez pas d'autre financement et que l'équipement est critique, l'ARCE est plus efficace. Elle vous permet de démarrer équipé. Mais vous devez avoir épargné personnellement pour votre vie.
Cas B : activité de service progressive
Situation : consultant freelance. Peu d'investissement de départ, clients potentiels identifiés mais pas encore signés.
Droits restants : 20 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez 1 000 €/mois d'ARE. Dès que vous signez un client, votre allocation baisse en proportion de vos revenus déclarés. Après 8-10 mois (selon revenus générés), vous atteinez 60% de cumul, ARE s'arrête.
Option ARCE : vous recevez ~12 000 € immédiatement. Vous n'avez aucun ARE après. Vous vivez sur le capital + premières factures clients.
Arbitrage : l'ARE est probablement meilleure car vous financez votre vie progressivement, vous testez, vous itérez. Le capital ARCE serait consommé rapidement sans revenue offset.
Cas C : projet très risqué / innovation
Situation : plateforme SaaS. Vous ne savez pas si ça va trouver des clients. Investissement nécessaire : serveur, dev, marketing. Mais vous voulez garder la flexibilité d'arrêter en mois 4 si ça ne marche pas.
Droits restants : 18 000 € ARE.
Option ARE : vous maintenez l'ARE, vous testez. Si ça rate au mois 4, vous êtes toujours indemnisé. Vous avez du temps pour rebondir ou chercher un emploi.
Option ARCE : vous investissez ~10 800 € (60%), ça rate au mois 4. Vous perdez l'argent investi, et vous n'avez plus ni ARE ni ARCE. Reprise des droits = cessation + différé (difficile).
Arbitrage : l'ARE est beaucoup plus prudente. Le coût de l'échec est inférieur.
Partie 13 : FAQ 2026 – réponses directes
P : Puis-je cumuler ARE et ARCE ?
R : Non, c'est exclusif. Vous choisissez l'un ou l'autre au lancement.
P : Si je choisis ARE, puis-je la changer en ARCE après 2 mois ?
R : Non, le choix se fait au démarrage. Après, il est verrouillé sauf situations très particulières.
P : Le cumul ARE + activité non salariée est-il toujours possible ?
R : Oui, mais plafonné à 60% des droits restants. Après 60%, vous pouvez solliciter l'IPR pour les 40%, sous condition d'absence de revenus.
P : Qu'est-ce que l'IPR exactement ?
R : L'instance paritaire régionale, c'est une commission paritaire (syndicats, patronat) qui examine à titre exceptionnel les demandes de poursuite d'ARE après 60% d'utilisation.
P : Si je ne génère aucun revenu, j'ai accès aux 40% ?
R : Probablement, mais ce n'est pas garanti. Vous devez aussi justifier que l'activité continue réellement et fournir des preuves comptables.
P : Les dividendes comptent-ils comme revenus pour l'IPR ?
R : Oui, explicitement depuis 2025. Si vous distribuez des dividendes, vous perdez l'accès aux 40%.
P : Si je reprends un CDI après l'ARCE, je perds quoi ?
R : Si le CDI est à temps plein et démarre avant le second versement ARCE (6 mois après le premier), vous perdez le second versement.
P : Puis-je reprendre l'ARE après avoir perçu l'ARCE ?
R : Uniquement si vous cessez complètement votre activité non salariée. Et le versement est soumis à un différé.
P : L'ARCE valide-t-elle des trimestres retraite ?
R : Non, l'ARCE ne valide aucun trimestre retraite de base. Seule l'activité génératrice de revenu soumis à cotisations le fait.
P : Je suis micro-entrepreneur, comment on compte mes revenus pour l'ARE ?
R : France Travail applique des abattements selon la nature de l'activité (achat-revente, prestation, etc.). Vous déclarez votre chiffre d'affaires, l'abattement s'applique automatiquement.
P : L'ACRE 2026 change, comment je l'obtiens ?
R : Vous faites une demande explicite à l'Urssaf après immatriculation. Plus automatique. Vous devez remplir les conditions (demandeur indemnisé, RSA, jeunes, etc.).
P : Si je ne suis pas éligible ACRE 2026, je perds l'ARCE ?
R : Oui, l'ARCE suppose l'ACRE. Pas ACRE = pas ARCE possible.
P : La mensualisation 30 jours change quoi pour moi ?
R : Votre ARE est plus prévisible. Plus de variation février/mars. Mais vous perdez 5-6 jours d'indemnisation par an par rapport à avant.
Conclusion : la règle d'or pour piloter votre création en 2026
Si vous retenez une seule chose de ce guide, c'est ceci :
En 2026, raisonnez votre création d'entreprise avec l'hypothèse que 60% de vos droits ARE est la partie certaine.
Ensuite, décidez comment utiliser ce 60% :
- Mensuellement, via le maintien ARE, pour financer votre vie et tester progressivement.
- En capital, via l'ARCE, pour investir immédiatement et démarrer équipé.
Les 40% restants existent, mais ils sont soumis à des conditions si dures (absence totale de revenus, IPR exceptionnel, ou cessation + différé) qu'il ne faut jamais les inscrire à votre budget initial.
Trois points structurants à garder en tête :
- IPR et absence de revenus : si vous voulez accéder au reliquat via l'IPR, vous devez attester de zéro revenu, y compris dividendes. Dès que vous vous rémunérez, c'est fini.
- ARCE et CDI temps plein : le second versement ARCE exige que vous ne soyez pas en CDI temps plein. C'est une condition depuis avril 2025. Prenez-la au sérieux.
- ACRE 2026 a changé : si vous visez l'ARCE, vous dépendez de l'ACRE. L'ACRE en 2026 est plus restrictive (conditions ciblées, demande obligatoire, exonération plafonnée 25%). Vérifiez votre éligibilité immédiatement.
Au-delà de ces trois points, le choix ARE vs ARCE dépend de votre contexte : urgence d'investissement, profil de risque, certitude commerciale, timing des revenus, plan de rémunération.
Appliquez la grille de décision en 7 questions. Écoutez l'option qui répond le plus à votre situation réelle, pas aux idées reçues.
Et n'hésitez pas à contacter France Travail pour valider votre compréhension. Un appel de 15 minutes aux bons conseillers peut valoir des mois d'erreur.
Vous créez une entreprise : c'est votre priorité. L'ARE ou l'ARCE n'est qu'un outil pour la financer. Choisissez le bon, et avancez.
Base 60% certaine, 40% conditionnel. ARE = revenu régulier pour la vie personnelle, ARCE = capital pour investir. Le reste dépend de votre profil, de l'ACRE 2026, et du formalisme.
Créer son entreprise tout en bénéficiant des allocations chômage